Qui était l’Evangéliste MARC? Que retenir de lui?

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Jean, surnommé Marc

L’homme dont-il est question ici s’appelle JEAN , surnommé MARC (Act 12, 12). Il habitait à Jérusalem. Sa mère s’appelait Marie et son oncle Barnabas.

Le jeune Marc appartenait à une famille devenue chrétienne. Lui-même avait peut-être eu l’occasion de rencontrer Jésus durant sa vie publique. Il l’avait même suivi comme un disciple fidèle puisqu’il était probablement avec lui au jardin des Oliviers lors de son arrestation, le soir du jeudi saint. C’est, en effet, ce que suggère une tradition qui voit en lui le personnage anonyme mentionné par l’évangéliste (Marc est le seul évangéliste à raconter cet incident; Nous lisons dans Mc 14,50-52 ce qui suit:«Tous abandonnèrent Jésus et prirent la fuite. Un jeune homme le suivait, n’ayant qu’un drap sur le corps. On l’appréhende, mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu». C’est ainsi que le petit JEAN MARC devint disciple de JESUS CHRIST.

Un jeune missionnaire découragé

Cette dérobade de jeunesse n’empêcha pas Marc de devenir un chrétien soucieux de bien faire. Désireux de témoigner du Christ, il n’hésita pas à se proposer pour partir en mission au loin. C’est à Antioch de Syrie qu’il alla d’abord travailler.

Son oncle Barnabas était dans cette ville depuis plus d’un an. Aidé de plusieurs disciples, il y prêchait la Bonne Nouvelle et animait la communauté chrétienne qui se développait. C’est ainsi donc qu’il se joignit à la cohorte des missionnaires Barnabas et Paul pour aller poursuivre l’évangélisation en  Syrie plus précisément à Antioch .

Les premiers mois de ce voyage ont dû être assez durs physiquement et moralement. La vie de prédicateur ambulant est difficile. Jean-Marc trouve cette tâche trop risquée; il décide de rentrer chez lui:

«C’est alors que Jean se sépara d’eux pour retourner à Jérusalem. Quant à eux, ils poursuivirent leur route et arrivèrent à Antioch de Pisidie» (Ac 13, 13­14).

Prêt pour un nouveau départ

Vers l’an 50, nos missionnaires envisagèrent d’entreprendre un deuxième voyage missionnaire. Entre temps, Jean ­Marc s’était ressaisi. Mûri, il se propose de nouveau pour partir avec eux; mais Paul s’y opposa alors que son Oncle Barnabas lui ne voudrait pas le laisser; c’est ainsi que les deux apôtres vont se séparer de chemin. Paul va aller avec Sylas et Barnabas ira avec Jean Marc.

Cette divergence de point de vue ne concernait pas le contenu du Message. Les deux équipes ont travaillé en deux régions différentes, mais dans la même perspective. Il n’y eut pas d’opposition fondamentale entre elles.

La preuve en est que, quelques années plus tard, nous retrouvons Marc aux côtés de Paul. (Nous ne prenons pas ici position sur l’authenticité paulinienne des épîtres pastorales). Dans sa lettre à Philémon, en effet, l’apôtre transmet le salut de Marc, son «collaborateur» qui se trouve avec lui à ce moment ­là. Pareillement, l’épître aux Colossiens envoie «les salutations de Marc, le cousin de Barnabas» (Col 4, 10); et dans la deuxième lettre à Timothée, Marc est qualifié de «précieux pour le ministère» (2 Tim 4,11).

Compagnon de Pierre

Marc était devenu peu à peu un missionnaire convaincu et expérimenté, estimé de tous. Pierre le prit alors comme compagnon pour évangéliser la région de Rome. Il l’aimait tellement qu’il le considérait comme son enfant: «Marc, mon fils» (1 P 5, 13). Et c’est de Rome qu’il entreprit de rédiger ce qui restera dans l’histoire comme le tout premier évangile d’apres l’interprétation de certains exégètes. L’évangile écrit par Marc reflète donc l’enseignement de Pierre sur les actions et les paroles du Christ. A la fin du deuxième siècle, Irénée de Lyon nous le confirme quand il écrit:

«Après la mort de Pierre et de Paul, (ils furent martyrisés à Rome entre 62 et 67), Marc, le disciple et l’interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre» (Irénée: «Contre les hérésies», III, 1, 1. En III, 10, 6, il parle encore de «Marc, interprète et compagnon de Pierre». Voir aussi Clément d’Alexandrie cité par Eusèbe de Césarée en H.E. VI, 14, 6 et les renseignements donnés par Eusèbe en H.E. II, 15, 1 ­ 2, ainsi que Clément dans GCS III, 206).

Missionnaire jusqu’au sang

Peut­-on suivre Marc jusqu’au terme de sa vie? Sur ce point, hélas, il nous manque des documents d’époque, mais une tradition fondée existe qui nous a été transmise par Eusèbe de Césarée:

«On dit que ce Marc (= l’évangéliste) fut le premier à être envoyé en Égypte. Il y prêcha l’Évangile qu’il avait composé et il établit des Églises d’abord à Alexandrie même» (Eusèbe de Césarée, H.E. II, 16, 1).

Le succès même de son apostolat déclencha la persécution contre lui. Arrêté et attaché à la queue d’un cheval, Marc aurait été traîné ainsi sur la plage jusqu’à ce que mort s’en suive. L’Église d’Alexandrie et tous les chrétiens d’Égypte vénèrent fidèlement ce martyr comme étant leur père dans la foi. Aujourd’hui encore, nombreux sont les pèlerins qui viennent le prier dans la crypte où reposent ses restes. (Au IXe siècle, les Vénitiens prirent les reliques du martyr pour les placer à «Saint Marc» de Venise. Depuis 1968, elles ont été rendues à l’Église d’Alexandrie).

Conclusion

Dans sa simplicité et jusque dans sa faiblesse, le témoignage de Marc est riche. Il nous touche profondément. En ce jeune chrétien, nous nous retrouvons tous.

Nous nous disons disciples du Christ, mais notre peur ou notre égoïsme nous amène parfois à fuir la croix qui se présente sur notre route. La période de l’adolescence est celle des expériences d’autonomie juvénile souvent douloureuses.

Heureusement, soutenus par la foi persévérante de nos aînés, nous reprenons goût à la vie selon l’Évangile. Aux infidélités de jeunesse succède peu à peu une maturité d’adulte. Notre amitié pour le Christ devient mieux fondée et plus stable.

C’est alors que l’Esprit suscite en nous les premiers désirs d’engagement. «A cause du Christ et de l’Évangile», nous sommes prêts à prendre la route, à nous mettre au service des autres. Nous nous sentons responsables et nous assumons avec joie une mission, chez nous ou dans le tiers ­monde.

Ce n’est pas toujours facile. C’est une probation, une épreuve. Il peut y avoir des moments durs, des échecs ou même des retours. Mais, de toute façon, l’engagement nous mûrit. Et alors, en adultes, nous entrons courageusement dans la vie, heureux de nous donner au Christ, à l’Église, à nos frères et soeurs d’ici et de partout.

Ainsi, peu à peu, notre vie se bâtit et s’enrichit grâce à tous ces engagements successifs qui, d’étape en étape, nous façonnent et nous mûrissent. Comme Jean ­Marc, nous sommes d’abord «auxiliaires», puis «compagnons de travail» et même «précieux pour le ministère». Et nous trouvons la joie des «bons et fidèles serviteurs» (Mt 25, 21).

C’est le don total, le don de nous­ mêmes renouvelé chaque jour, jusqu’au soir de notre vie. Ce peut­ être aussi le don jusqu’au sang, si le Seigneur nous y appelle un jour. Mais peu importe la forme; ce qui compte, c’est de se donner et de se donner par amour.

Avec Marc, et avec Paul son maître dans l’apostolat missionnaire, efforçons­ nous de redire au Seigneur:

«Je n’attache vraiment aucun prix à ma propre vie. Mon but, c’est de mener à bien ma course et le service que le Seigneur Jésus m’a confié: rendre témoignage à l’Évangile de la grâce de Dieu» (Act 20, 24).

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